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 Du  FLN à  l'O.A.S.    OU    La  guerre   d'Algérie



La Wilaya 4 (de 1954 à 1962)


 

 

 

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I. - SITUATION POLITIQUE ACTUELLE

  A) - L'Essor impétueux de la Révolution algérienne.

  L'Algérie, depuis deux ans, combat avec héroïsme pour l'indépendance nationale.
  La Révolution patriotique et anticolonialiste est en marche.
  Elle force l'admiration de l'opinion publique mondiale.

  a) La Resistance armée.
  En une période relativement courte, l'Armée de Libération Nationale, localisée dans l'Aurès et la Kabylie, a subi avec succès l'épreuve du feu.

  Elle a triomphé de la campagne d'encerclement et d'anéantissement menée par une armée puissante, moderne, au service du régime colonialiste d'un des plus grands États du monde.

  Malgré la pénurie provisoire d'armement, elle a développé les opérations de guerillas, de harcèlement, de sabotage, s'étendant aujourd'hui à l'ensemble du territoire national.

  Elle a consolidé sans cesse ses positions en améliorant sa tactique, sa technique, son efficacité.

  Elle a su passer rapidement de la guerilla au niveau de la guerre partielle.

  Elle a su combiner harmonieusement les méthodes éprouvées des guerres anticolonialistes avec les formes les plus classiques en les adoptant intelligemment aux particularites du pays.

  Elle a déjà fourni la preuve suffisante, maintenant que son organisation militaire est unifiée, qu'elle possède la science de la stratégie d'une guerre englobant l'ensemble de l'Algérie.

  - L'Armée de Libération Nationale se bat pour une cause juste.

  Elle groupe des patriotes, des volontaires, des combattants décidés à lutter avec abnégation jusqu'à la délivrance de la patrie martyre.

  Elle s'est renforcée par le sursaut patriotique d'officiers, de sous-officiers et de soldats de carrière ou du contingent, désertant en masse avec armes et bagages les rangs de l'armée française.

  Pour la première fois dans les annates militaires, la France ne peut plus compter sur le “ loyalisme  “ des troupes algériennes. Elle est obligée de les transférer en France et en Allemagne.

  Les harkas de goumiers, recrutés parmi les chomeurs souvent trompés sur la nature du “ travail “ pour lequel ils étaient appelés, disparaissent dans le maquis. Certaines sont désarmées et dissoutes par les autorités mécontentes.

  Les réserves humaines de l'A.L.N. sont inépuisables. Elle est souvent obligée de refuser l'enrôlement des Algériens jeunes et vieux, des villes et campagnes, impatients de mériter l'honneur d'être soldats de leur “ Armée “.

  Elle bénéficie pleinement de l'amour du peuple algérien, de son soutien enthousiaste, de sa solidarité agissante, morale et matérielle, totale et indéfectible.

  Les officiers supérieurs, les commandants de zones, les commissaries politiques, les cadres et soldats de l'Armée de Libération Nationale sont honorés comme des héros nationaux, glorifiés dans des chants populaires qui ont déjà pénétré aussi bien dans l'humble gourbi que la misérable khaïma, la ghorfa des casbahs comme le salon des villas.

  Telles sont les raisons essentielles du “ miracle algérien “ : l' A.L.N. tenant en échec la force colossale de l'armée colonialiste française, renforcée par les divisions “ atomiques “ prélevées sur les forces de l'O.T.A.N.

  Voilà pourquoi en dépit des incessants renforts, jugés aussitôt insuffisants, malgré le quadrillage ou autre technique aussi inopérante que les déluges de feu, les généraux français sont obligés de reconnaître que la solution militaire est impossible pour résoudre le problème algérien.

  Nous devons signaler particulièrement la formation de nombreux maquis urbains qui, d'ores et déjà, constituent une seconde armée sans uniforme.

  Les groupes armés dans villes et villages se sont notamment signalés par des attentats contre les commissariats de police, les postes de gendarmerie, les sabotages de bâtiments publics, les incendies, la suppression de grades de la police, de mouchards, de traîtres.

  Cela afIaiblit d'une façon considérable l'armature militaire et policière de l'ennemi colonialiste, augmente la dispersion de ses forces sur l'ensemble du sol national, et accentue la détérioration du moral des troupes, maintenues dans un état d'énervement et de fatigue par la nécéssité de rester sur un qui-vive angoissant.

  C'est un fait indéniable que l'action de l'A.L.N. a bouleversé le climat politique en Algérie.

  Elle a provoqué un choc psychologique qui a libéré le peuple de sa torpeur, de la peur, de son scepticisme.

  Elle a permis au peuple algérien une nouvelle prise de conscience de sa dignité nationale.

  Elle a également déterminé une union psychopolitique de tous les Algériens, cette unanimité nationale qui féconde la lutte armée et rend inéluctable la victoire de la liberté.


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